La Direction du développement et de la coopération suisse (DDC) au Burundi appuie les populations des provinces de Kayanza, Ngozi et Muyinga afin d’assurer et de maintenir un bon état nutritionnel des enfants, à travers des interventions multisectorielles
Dans le cadre du « Projet de lutte contre la malnutrition par des interventions multisectorielles dans les communautés vulnérables du Burundi », une délégation de la DDC, dirigée par John Buchwalder, suppléant du chef de mission, et accompagnée de responsables des agences UNICEF, FAO et PAM, a visité les provinces de Kayanza, Ngozi et Muyinga. Cette visite, facilitée par le Secrétariat exécutif permanent de la Plateforme multisectorielle de sécurité alimentaire et de nutrition (SEP/PMSAN), visait à constater les progrès réalisés dans plusieurs domaines : l’amélioration des régimes alimentaires des enfants, l’adoption de bonnes pratiques nutritionnelles, la production et la consommation d’aliments à haute valeur nutritive, ainsi que l’accès durable à des aliments fortifiés produits par des entreprises communautaires ou semi-industrielles.
La visite a débuté par une rencontre de courtoisie avec le gouverneur de Kayanza, avant de se poursuivre en commune Muhanga, sur la colline Rugamba. Les participants ont été accueillis par des chants et danses de femmes, certaines portant leurs bébés. Une Maman Lumière (ML) a animé une démonstration sur la surveillance et la promotion de la croissance des enfants, permettant aux visiteurs de constater comment toute croissance inadéquate est rapidement détectée et prise en charge par la communauté. À l’aide du bracelet MUAC, permettant de mesurer le périmètre brachial et de détecter la malnutrition aiguë, et de la prise de poids de l’enfant, l’état nutritionnel est suivi mensuellement pour les enfants de 6 à 59 mois, et trimestriellement pour ceux de 24 à 59 mois, à l’aide d’une fiche de suivi individuelle.


Adèle, une Maman Lumière, a témoigné : « Désormais, quand je vois un enfant avec les pieds enflés, je sais vérifier s’il s’agit d’un œdème bilatéral et je le réfère immédiatement au centre de santé. » Angèle, une autre ML, a conduit une séance d’éducation nutritionnelle destinée aux femmes enceintes, aux mères allaitantes et à celles ayant des enfants de moins de cinq ans, afin de renforcer leurs connaissances en matière de pratiques alimentaires. « Je veille toujours à offrir à mon enfant une alimentation diversifiée, incluant des produits d’origine animale et des suppléments en micronutriments essentiels à sa croissance », a expliqué une mère rencontrée, dont l’enfant avait souffert de malnutrition.
Cette visite a permis de mettre en lumière les progrès significatifs réalisés dans la lutte contre la malnutrition et la promotion d’une alimentation saine et équilibrée, grâce à l’engagement des communautés et des acteurs locaux.
Les visiteurs ont également rencontré des familles organisées en groupes de solidarité axés sur l’épargne et le crédit. Composés de ménages vulnérables, ces groupes mènent des activités génératrices de revenus pour subvenir à leurs besoins, diversifier leur alimentation et améliorer le régime alimentaire des enfants âgés de 6 à 23 mois. Chaque groupe, constitué de 25 à 30 membres, mène aussi des activités de sensibilisation en collaboration avec les agents de santé communautaire, les ML et les comités de protection de l’enfance, pour promouvoir l’enregistrement des enfants à l’état civil. Savera, membre de l’association Kerebuka Mukenyezi, témoigne : « Grâce aux crédits, j’ai pu louer un terrain, cultiver et nourrir mes enfants. Avant, je n’avais ni terrain ni les moyens d’appliquer les conseils appris au foyer d’apprentissage et de réhabilitation nutritionnelle (FARN). »
Grâce aux champs-écoles paysans, les membres des groupes de solidarité réunis en coopératives cultivent du haricot, du maïs et des champignons. Une partie de la récolte est destinée à l’alimentation des familles et à l’approvisionnement des FARN pour les démonstrations culinaires et la réhabilitation de la malnutrition aiguë modérée. Le reste est vendu à des unités de transformation communautaires et à de petites entreprises pour produire des farines fortifiées, de bonne qualité et à haute valeur nutritionnelle.


À Gasorwe, sur la colline Kizi, dans la province de Muyinga, les visiteurs ont salué l’organisation des ménages bénéficiaires de transferts monétaires, regroupés en unités de mouture. Ces ménages transforment leurs récoltes en farine fortifiée. « Grâce à cette initiative, des aliments à haute valeur nutritive sont désormais disponibles pour les femmes enceintes, allaitantes et les enfants de moins de 5 ans », a déclaré Philippe, membre de l’association Tsindamapfa.
Dans les cinq districts sanitaires de la zone d’intervention (Gahombo, Ngozi, Buye, Kiremba, Gashoho), 4 544 ménages vulnérables ont bénéficié de transferts monétaires pour créer des actifs au sein des ménages et renforcer les centres de rayonnement communautaires. Le projet soutient 39 unités de mouture communautaires pour la production de farine fortifiée. En 2024, environ 2 000 tonnes de farine fortifiée ont été produites. La vente de 17 688 kg de champignons a généré 17 870 750 BIF. Les transferts ont également permis l’achat de petit bétail, la location de terres, la réhabilitation des logements et la couverture d’autres besoins essentiels.
La visite, qui s’est déroulée du 17 au 19 mars, s’est conclue par une séance de débriefing des participants. Les échanges avec les bénéficiaires ont permis de formuler des observations et des recommandations.

Originally published at https://www.unicef.org